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24 avril 2015

Rana Plaza : déjà 2 ans...

rana plaza

Il y a deux ans, du bâtiment Rana Plaza qui abritait cinq ateliers de confection textile. Cette tragédie, la pire dans l’histoire industrielle du Bangladesh, avait fait 1 134 morts et près de 2 000 blessés.

Alors qu’ils avaient été évacués d’urgence la veille en raison de fissures constatées dans les pilliers du bâtiment, les milliers de travailleurs-ses des ateliers de confection qu’hébergeait le Rana Plaza, près de Dacca, ont été contraint-e-s de regagner leur poste de travail ce jour-là.

 

Des avancées obtenues grâce à la mobilisation citoyenne

Comme la signature, à partir de mai 2013, et après une pétition internationale ayant recueilli plus d’1 million de signatures en une semaine, de l’Accord sur la sécurité des bâtiments au Bangladesh par les multinationales de l’habillement avec les organisations syndicales du Bangladesh et internationales, sous l’égide de l’Organisation internationale du travail (OIT). 
Couvrant 1500 usines et 2 millions de travailleurs, dont 80% sont des femmes, soit la moitié de la force de travail du secteur, cet Accord contraint les multinationales signataires à financer un système indépendant d’inspection des usines de leurs fournisseurs, et prévoit la mise en place des réparations nécessaires, tout en garantissant l’emploi et les salaires de ouvriers en cas de fermeture d’usine. Il est transparent, indépendant, et juridiquement contraignant. 
A ce jour, plus de 200 marques et enseignes d’habillement l’ont signé. 1250 usines ont été inspectées sur les 1500 couvertes par l’Accord et 950 plans correctifs adoptés.

Un fonds d’indemnisation, toujours sous l’égide de l’OIT, a également été mis en place, grâce à l’action des organisations syndicales locales et internationales et de la Clean Clothes Campaign – dont le Collectif ESE est le membre français – financé par les contributions des enseignes qui s’approvisionnent au Bangladesh.Entré en vigueur en janvier 2014. Il a recueilli à ce jour 24 des 30 millions de dollars nécessaires pour assurer une indemnisation juste et complète des victimes et de leurs familles. Malgré ce manque, l’ensemble des victimes et de leurs familles, soit au total 2968 personnes, ont pu recevoir un premier versement au titre de leur indemnisation, pour un montant global de 16 millions d’euros. 
De nombreuses enseignes impliquées dans le drame n’ont abondé le fonds d’indemnisation que sous la pression des campagnes citoyennes, comme Auchan ou Benetton.

En France, après la mobilisation du Collectif Ethique sur l’étiquette et d’une dizaine d’autres organisations, une loi sur le devoir de vigilance des multinationales a été adoptée en première lecture le 30 mars dernier par l’Assemblée nationale. Désormais, les grands groupes devront identifier et prévenir les violations des droits humains et de l’environnement que pourraient causer leur activité, en France et à l’étranger. Le cas échéant, un juge pourra être saisi, et imposer une sanction. 
Mais la loi est loin d’être effective. Bien que dite « Rana Plaza », cette loi indispensable risque d’être enterrée si le gouvernement ne l’inscrit pas à l’ordre du jour du Sénat. Or, rien n’est moins sûr. Restons mobilisés pour que la loi soit inscrite à l’ordre du jour du Sénat au plus vite.

Des conditions de travail et des salaires toujours déplorables au Bangladesh 
Malgré ces avancées, le Bangladesh demeure le pays de la production textile à bas coût. Malgré des évolutions du code local du travail, les ouvrier-e-s du Bangladesh, 2ème pays exportateur de textile habillement dans le monde, continuent de travailler dans des conditions déplorables : salaires de misère (50€ par mois), rythme harassant, brimades, harcèlement, refus du congé maternité, heures supplémentaires non payées. Ils subissent toujours une forte répression syndicale. Surtout, les marques d’habillement n’ont pas fait évoluer leur modèle économique. Elles cherchent toujours à minimiser les coûts de production, au premier rang desquels les salaires, pour maximiser les profits. 

Surtout, si 2 ans après le drame les multinationales responsables ont encore le loisir de ne pas indemniser les victimes de la plus grande catastrophe qu’ait connu le secteur, s’il faut des campagnes d’opinion pour les pousser à assumer leur responsabilité, c’est parce qu’aucune obligation ne leur incombe.

Il y a des anniversaires dont on se passerait. Pour ne pas avoir à en vivre d’autres, il est urgent d’établir désormais une responsabilité juridique entre une multinationale et sa chaîne de sous-traitance, et mettre un terme à l’impunité dont elles bénéficient aujourd’hui.

Posté par fanouche à 07:26 - 5- Monde du textile, monde du bio - Commentaires [0] - Permalien [#]
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